Bonjour à tous fidèles lecteurs (s’il en reste encore vu notre long silence) !!!
Que le temps passe vite. Déjà un mois pour Isabelle et les enfants et deux pour moi que le retour à Djibouti a sonné et enfin nous trouvons le temps de vous donner quelques nouvelles.
Beaucoup de choses à dire mais tout d’abord un bref mot sur nos trajets retour en avion :
Air yéménia, c’est comme le loto et son slogan publicitaire : « C’est pas cher et ça peut rapporter gros ». Prenez mon cas, le vol était prévu le 29 juillet, départ 7h00 de Paris pour arrivée à Djibouti attendue à 22h30 mais, premier acte, deux jours avant le départ, A.Y nous contacte (attention, il essentiel que A.Y puisse toujours vous joindre) pour nous annoncer un léger changement : le vol comprendra deux jours d’escale à Sanaa, les frais d’hôtel étant pris en charge par la compagnie.
Vous comprenez d’emblée que cette proposition n’était pas négociable et acceptez même s’il est évident que, pendant ces deux jours, vous devrez rester cloîtré dans votre hôtel. Etant aussi repérable qu’un âne au milieu d’un champ de mines, vous ne visiterez donc pas cette ville pourtant magnifique, aux façades finement ciselées, même s’ils ont tendance surtout ces derniers temps (pas lors de notre départ) à remplacer l’art ancestral de la taille de pierre par un art plus rudimentaire : la kalachnikov et le AK 45.
Deuxième acte : la veille du départ, on m’annonce un départ différé à 19h30 (d’où l’importance d’être toujours joignable : j’ai rencontré une famille comorienne qui vint à 5h00 pour prendre le même avion). Acte trois, je me réveillai à l’instant même où les pneus touchaient la piste d’atterrissage et voyant mon voisin musulman remercier Dieu, je l’interrogeai. Suite à un problème d’intempéries ou un problème technique (ou les deux mon anglais étant très rudimentaire), j’appris que la troisième manœuvre d’approche avait été la bonne. Je compris une ½ heure plus tard que les deux premières tentatives avortées avaient eu lieu à Sanaa mais la dernière s’était déroulée à Aden (pointe sud du Yémen)
Après moult rebondissements, attentes interminables et fausses annonces, nous rejoignîmes Sanaa pour une seconde courte nuit d’hôtel (arrivée à 2h30 du matin). Le lendemain, la valse des annonces recommença, informations, contre-informations, désinformations… Bref, j’arrivai à Djibouti et à l’Evêché précisément à 6 h00 le 1 août.
Pour Isabelle et les enfants, même sanction si ce n’est qu’ils n’eurent pas droit au changement inopiné de destination. Moins d’attentes dans les terminaux des aéroports mais, on ne peut pas gagner sur tous les plans, un hôtel vraisemblablement plus miteux que le mien. Le 4 étoiles Yéménite n’est plus ce qu’il était !!! Une chance cependant, Isabelle et les enfants voyageaient avec des amis coopérants sur le vol et se lièrent avec une famille Djiboutienne dont les enfants étaient dans les mêmes âges. Les enfants passèrent beaucoup de temps à jouer dans les couloirs de l’hôtel ces deux jours et hormis l’hygiène, la nourriture, l’attente,…, tout se passa le mieux du monde !
L’arrivée à Djibouti
Elle fut assez particulière dans mon cas. Voici en plus la cerise sur le gâteau qui m’attendait. Alors que je pénétrai dans l’évêché désert, je n’avais qu’une idée en tête : me prendre une bonne douche l’hôtel n’étant pas pourvu ni de savon, ni de serviette (je m’étais donc lavé à l’eau, essuyé dans un tee-shirt). J’ouvris donc la porte de la maison et là, oh surprise, une myriade de cafards plus ou moins morts jonchant le sol m’attendait !
Vous souvenez-vous du deuxième opus des aventures d’Indiana Jones, lorsque, marchant dans une grotte sombre, la protagoniste principale s’étonne en gros de la sorte « C’est étonnant, lorsque l’on marche, ça craque sous les pieds comme des gâteaux secs » avant de s’apercevoir qu’il s’agissait d’innombrables insectes qui tapissaient les parois du sol au plafond? C’est l’image qui me vint lorsque je découvris le spectacle ! Après une heure à manier le balai à remplir un tiers de sac plastique de superette (au temps où il en donnait encore) de ces chers cafards, je pris enfin ma douche et un petit déjeuner. La chaleur à 7h30 étant déjà trop écrasante pour envisager une sieste, je me rendis donc au travail.
Tout cela devint néanmoins pour chacun rapidement un lointain souvenir car l’accueil de la communauté chrétienne et des Djiboutiens fut vraiment chaleureux.
Ma rentrée s’est donc faite dès le 1er août et pour Isabelle et les enfants le 14 septembre. Cette année, Isabelle enseigne en CP et a dans sa classe une certaine Jeanne. De plus, elle est référente pédagogique pour le cycle 2 (CP-CE1). Cette dernière fonction a généré beaucoup de réunions en début d’année mais les nouveaux collègues sont très sympas et motivés.
Pour anecdote, Jeanne discerne très bien la classe et la maison. Elle a appris à appeler sa maman « maîtresse » à l’école. Elle maîtrise bien les deux champs à tel point que, un jour que Victor venait dans la classe d’Isabelle parce qu’il ne se sentait pas très bien, lorsqu’il ressortit, Jeanne leva le doigt et alors qu’elle avait la parole, elle demanda : Maîtresse, vous savez que Victor c’est mon frère ? »
Pour Victor et Luc, tout se passe bien. Victor a un nouvel instit qui fêtait sa 42ème rentrée cette année. Victor l’apprécie beaucoup et c’est un vrai bonheur de voir avec quelle joie il part à l’école. Quant à Luc, sa nouvelle classe semble lui convenir aussi.
Un petit mot sur le travail à la Caritas. Depuis mi-avril 2011, Sœur Redenta (d’origine Kenyane) en est la nouvelle directrice. Le travail est toujours aussi important. Sans-doute un effet de la sécheresse dans la Corne d’Afrique, notre programme d’aide sanitaire d’urgence (à l’attention des personnes les plus fragilisées) est de plus en plus sollicité. Pour l’année 2010, 6700 sont passées par l’infirmerie. Les projections pour 2011 nous laissent entrevoir un chiffre avoisinant les 9500 avec une forte hausse de la population somalienne. Soeur Anice, notre infirmière s’étant fracturé la cheville fin avril 2011, c’est Sylvie qui la remplace depuis juillet et cela jusqu’à fin novembre.
L’activité des enfants des rues bat toujours son plein et pendant les vacances, nous avons accueilli environ 80 enfants par jour.
Enfin, Caritas Djibouti s’est inscrit dans l’aide à la sécheresse par le relais des sœurs missionnaires qui travaillent dans les différents districts de Djibouti (Obock, Ali Sabieh et Tadjourah) : projet d’aide alimentaire, installation d’une citerne d’eau dans un centre antituberculeux… Tout cela s’ajoute à une activité déjà très dense mais la fatigue s’efface rapidement devant le sentiment d’être un peu utile.
Quelques photos :
le portail extérieur de la Caritas à 7h00 du matin
l’accueil des indigents débutant à 7h30, la cour intérieure,
Houssein, le gardien de jour (vraiment très chaleureux derrière son air sérieux sur la photo)
Sylvie, l’infirmière
et autour de la Directrice dans son bureau, Fatouma et Bruno (animateurs des enfants des rues) et Giovanni et Laëtizia, deux casques blancs (service civil italien) en renfort jusqu’en décembre 2011. Laëtizia aide au projet des enfants des rues et Giovanni suit les différents projets lancés dans le cadre de la sécheresse.
Enfin, une photo des enfants. Ce matin là, ils n’étaient pas très nombreux. Ce sont vraiment des enfants attachants.
Pour finir et dans un registre très différent, notre vie de coopérant va cette année radicalement changer car nous sommes « motorisés » grâce au don d’une famille militaire qui nous a proposé leur voiture à leur retour en France.
Notre statut de volontaire nous imposait un véhicule hors du commun, loin des rutilants 4X4 si communs ici. Il nous fallait une voiture mythique et, grand merci à Claire et Marc GILLES, ils nous l’ont offert. Son moteur rageur nous permet d’aller faire les courses. Sa spacieuse banquette arrière en fait une familiale idéale pour aller à la plage (ce que nous avons déjà fait deux fois). De 1983, elle affiche 125 000 Kms au compteur et a passé brillamment le contrôle technique djiboutien. Alors, alors, le suspense est insoutenable… C’est une 4L !!!
Pour information, nombre de Djiboutiens nous saluent sur notre passage d’un « Vive la France » et déjà trois personnes nous ont proposé de l’acheter.
Voilà, c’est tout pour l’instant. Nous espérons que votre lecture aura été bonne et à très bientôt.

Je pars avec la DCC, première association française d'envoi de
Volontaires de Solidarité Internationale.