Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 07:22

 

Bonjour à tous fidèles lecteurs (s’il en reste encore vu notre long silence) !!!

Que le temps passe vite. Déjà un mois pour Isabelle et les enfants et deux pour moi que le retour à Djibouti a sonné et enfin nous trouvons le temps de vous donner quelques nouvelles.

 

Beaucoup de choses à dire mais tout d’abord un bref mot sur nos trajets retour en avion :

 Air yéménia, c’est comme le loto et son slogan publicitaire : « C’est pas cher et ça peut rapporter gros ». Prenez mon cas, le vol était prévu le 29 juillet, départ 7h00 de Paris pour arrivée à Djibouti attendue à 22h30 mais, premier acte, deux jours avant le départ, A.Y nous contacte (attention, il essentiel que A.Y puisse toujours vous joindre) pour nous annoncer un léger changement : le vol comprendra deux jours d’escale à Sanaa, les frais d’hôtel étant pris en charge par la compagnie.

Vous comprenez d’emblée que cette proposition n’était pas négociable et acceptez même s’il est évident que, pendant ces deux jours, vous devrez rester cloîtré dans votre hôtel. Etant aussi repérable qu’un âne au milieu d’un champ de mines, vous ne visiterez donc pas cette ville pourtant magnifique, aux façades finement ciselées, même s’ils ont tendance surtout ces derniers temps (pas lors de notre départ) à remplacer l’art ancestral de la taille de pierre par un art plus rudimentaire : la kalachnikov et le AK 45.

 

Deuxième acte : la veille du départ, on m’annonce un départ différé à 19h30 (d’où l’importance d’être toujours joignable : j’ai rencontré une famille comorienne qui vint à 5h00 pour prendre le même avion). Acte trois, je me réveillai à l’instant même où les pneus touchaient la piste d’atterrissage et voyant mon voisin musulman remercier Dieu, je l’interrogeai. Suite à un problème d’intempéries ou un problème technique (ou les deux mon anglais étant très rudimentaire), j’appris que la troisième manœuvre d’approche avait été la bonne. Je compris une ½ heure plus tard que les deux premières tentatives avortées avaient eu lieu à Sanaa mais la dernière s’était déroulée à Aden (pointe sud du Yémen)

Après  moult rebondissements, attentes interminables et fausses annonces, nous rejoignîmes Sanaa pour une seconde courte nuit d’hôtel (arrivée à 2h30 du matin). Le lendemain, la valse des annonces recommença, informations, contre-informations, désinformations… Bref, j’arrivai à Djibouti et à l’Evêché précisément à 6 h00 le 1 août.

Pour Isabelle et les enfants, même sanction si ce n’est qu’ils n’eurent pas droit au changement inopiné de destination. Moins d’attentes dans les terminaux des aéroports mais, on ne peut pas gagner sur tous les plans, un hôtel vraisemblablement plus miteux que le mien. Le 4 étoiles Yéménite n’est plus ce qu’il était !!! Une chance cependant, Isabelle et les enfants voyageaient avec des amis coopérants sur le vol et se lièrent avec une famille Djiboutienne dont les enfants étaient dans les mêmes âges. Les enfants passèrent beaucoup de temps  à jouer dans les couloirs de l’hôtel ces deux jours et hormis l’hygiène, la nourriture, l’attente,…, tout se passa le mieux du monde !

 

L’arrivée à Djibouti

 

Elle fut assez particulière dans mon cas. Voici en plus la cerise sur le gâteau qui m’attendait. Alors que je pénétrai dans l’évêché désert, je n’avais qu’une idée en tête : me prendre une bonne douche l’hôtel n’étant pas pourvu ni de savon, ni de serviette (je m’étais donc lavé à l’eau, essuyé dans un tee-shirt). J’ouvris donc la porte de la maison et là, oh surprise, une myriade de cafards plus ou moins morts jonchant le sol m’attendait !

Vous souvenez-vous du deuxième opus des aventures d’Indiana Jones, lorsque, marchant dans une grotte sombre, la protagoniste principale s’étonne en gros de la sorte « C’est étonnant, lorsque l’on marche, ça craque sous les pieds comme des gâteaux secs » avant de s’apercevoir qu’il s’agissait d’innombrables insectes qui tapissaient les parois du sol au plafond? C’est l’image qui me vint lorsque je découvris le spectacle ! Après une heure à manier le balai à remplir un tiers de sac plastique de superette (au temps où il en donnait encore) de ces chers cafards, je pris enfin ma douche et un petit déjeuner. La chaleur à 7h30 étant déjà trop écrasante pour envisager une sieste, je me rendis donc au travail.

 

Tout cela devint néanmoins pour chacun rapidement un lointain souvenir car l’accueil de la communauté chrétienne et des Djiboutiens fut vraiment chaleureux.

 

Ma rentrée s’est donc faite dès le 1er août et pour Isabelle et les enfants le 14 septembre. Cette année, Isabelle enseigne en CP et a dans sa classe une certaine Jeanne. De plus, elle est référente pédagogique pour le cycle 2 (CP-CE1). Cette dernière fonction a généré beaucoup de réunions en début d’année mais les nouveaux collègues sont très sympas et motivés.

Pour anecdote, Jeanne discerne très bien la classe et la maison. Elle a appris à appeler sa maman « maîtresse » à l’école. Elle maîtrise bien les deux champs à tel point que, un jour que Victor  venait dans la classe d’Isabelle parce qu’il ne se sentait pas très bien, lorsqu’il ressortit, Jeanne leva le doigt et alors qu’elle avait la parole, elle demanda : Maîtresse, vous savez que Victor c’est mon frère ? »

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Pour Victor et Luc, tout se passe bien. Victor a un nouvel instit qui fêtait sa 42ème rentrée cette année. Victor l’apprécie beaucoup et c’est un vrai bonheur de voir avec quelle joie il part à l’école. Quant à Luc, sa nouvelle classe semble lui convenir aussi.

Un petit mot sur le travail à la Caritas. Depuis mi-avril 2011, Sœur Redenta (d’origine Kenyane) en est la nouvelle directrice. Le travail est toujours aussi important. Sans-doute un effet de la sécheresse dans la Corne d’Afrique, notre programme d’aide sanitaire d’urgence (à l’attention des personnes les plus fragilisées) est de plus en plus sollicité. Pour l’année 2010, 6700 sont passées par l’infirmerie. Les projections pour 2011 nous laissent entrevoir un chiffre avoisinant les 9500 avec une forte hausse de la population somalienne. Soeur Anice, notre infirmière s’étant fracturé la cheville fin avril 2011, c’est Sylvie qui la remplace depuis juillet et cela jusqu’à fin novembre.

L’activité des enfants des rues bat toujours son plein et pendant les vacances, nous avons accueilli environ 80 enfants par jour.

Enfin, Caritas Djibouti s’est inscrit dans l’aide à la sécheresse par le relais des sœurs missionnaires qui travaillent dans les différents districts de Djibouti (Obock, Ali Sabieh et Tadjourah) : projet d’aide alimentaire, installation d’une citerne d’eau dans un centre antituberculeux… Tout cela s’ajoute à une activité déjà très dense mais la fatigue s’efface rapidement devant le sentiment d’être un peu utile.

 

Quelques photos :

 le portail extérieur de la Caritas à 7h00 du matin

 l’accueil des indigents débutant à 7h30, la cour intérieure,

 

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 Houssein, le gardien de jour (vraiment très chaleureux derrière son air sérieux sur la photo)

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Sylvie, l’infirmière

 

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 et autour de la Directrice dans son bureau, Fatouma et Bruno (animateurs des enfants des rues) et Giovanni et Laëtizia, deux casques blancs (service civil italien) en renfort jusqu’en décembre 2011. Laëtizia aide au projet des enfants des rues et Giovanni suit les différents projets lancés dans le cadre de la sécheresse.

 

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 Enfin, une photo des enfants. Ce matin là, ils n’étaient pas très nombreux. Ce sont vraiment des enfants attachants.

 

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Pour finir et dans un registre très différent, notre vie de coopérant va cette année radicalement changer car nous sommes « motorisés » grâce au don d’une famille militaire qui nous a proposé leur voiture à leur retour en France.

Notre statut de volontaire nous imposait un véhicule hors du commun, loin des rutilants 4X4 si communs ici. Il nous fallait une voiture mythique et, grand merci à Claire et Marc GILLES, ils nous l’ont offert. Son moteur rageur nous permet d’aller faire les courses. Sa spacieuse banquette arrière en fait une familiale idéale pour aller à la plage (ce que nous avons déjà fait deux fois). De 1983, elle affiche 125 000 Kms au compteur et a passé brillamment le contrôle technique djiboutien. Alors, alors, le suspense est insoutenable… C’est une 4L !!!

 

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Pour information, nombre de Djiboutiens nous saluent sur notre passage d’un « Vive la France » et déjà trois personnes nous ont proposé de l’acheter.

 

      

 

Voilà, c’est tout pour l’instant. Nous espérons que votre lecture aura été bonne et à très bientôt.

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Samedi 28 mai 2011 6 28 /05 /Mai /2011 20:01

La vie à Djibouti est physiquement difficile en ce moment du fait des températures et du taux d’humidité très élevé. Permettez nous donc de vous conter une nuit ordinaire (mais peut-être extraordinaire vue d’Europe) d’une famille de coopérants… Cela se passe donc à Djiouti, port éminemment stratégique géopolitiquement parlant. Mais comme tout port, il est le lieu de toutes les tentations et « il y a des marins qui boivent, et qui re-boivent encore. Ils boivent à la santé des … Vous connaissez tous la chanson et je serai gré aux parents d’enfants trop jeunes de les coucher ou de leurs mettre un DVD plutôt que de les laisser lire ces lignes. Merci. Comme toute nuit torride, elle débute donc par les incontournables préliminaires et cela commence très tôt à Djibouti. En effet, à peine levé, la température et le taux d’humidité vous plonge d’emblée dans un état de moiteur extrême. Djibouti peut être considérée comme la capitale du concours spontané (tous sexes confondus) de tee-shirts mouillés (uniquement chez les européens) ! Ses conditions climatiques particulières font exhaler la transpiration des corps de façon paroxysmique. Le soleil darde de ses rayons ardents et les coupures d’électricité augmentent encore de façon récurrente cette chaleur et cette moiteur qui plonge tout votre corps dans une sensualité exacerbée… (pour ceux et celles qui aiment la bestialité et le gore). La journée de travail s’achève et « transpiration » en a été le maître mot mais cette exaltation « sudatoire » n’en est encore qu’à ces débuts. Heureusement, l’Evêché est équipé d’un groupe électrogène qui alimente en lumière la crypte, la place de l’évêché et qui illumine une statue de la Vierge que nombre de fidèles viennent prier à toute heure. La crypte est de plus climatisée. Alors, lorsqu’ à la messe, la coupure survient, vous accueillez avec grâce le ronronnement du moteur diesel qui vient palier cette ultime défaillance électrique et profitez à plein de cette dernière demi-heure de fraîcheur ! La messe achevée, vous palabrez devant la porte de la crypte afin de retarder le moment de rentrer chez vous tout en priant que le courant revienne. Mais c’est votre chemin de croix, l’électricité ne sera pas rétablie. Vous entrez dans votre logement, allumez deux bougies, tournez instinctivement les manettes des ventilateurs, en vain… La sueur perle sur votre visage et goutte sur le sol. Ouvrir le réfrigérateur étant proscrit, vous vous résignez donc à manger des pâtes avec du thon. Sortir les couverts et les assiettes requièrt une énergie folle et vous met en eau. Que dire du moment où vous égouttez les pâtes lorsque la vapeur d’eau se mêle aux évanescences du « brumificateur » humain que vous êtes devenu ! Le groupe électrogène fonctionne encore et vous saisissez cette opportunité. Vous mangez dehors pour glaner un peu de fraîcheur et profiter de la lumière de la Vierge. Le repas terminé, l’électricité revient enfin à 20h30. Vous vous précipitez dans votre maison, ouvrez le réfrigérateur, mangez un yaourt. Il est temps de coucher les enfants. Vous allumez les climatiseurs des chambres. Les enfants au lit, vous faites la vaisselle et vous réjouissez d’aller vous coucher. Vous ne soupçonnez pas encore la nuit de folie qui vous attend… Vous prenez rapidement une douche brûlante pour vous rafraîchir (les tuyaux d’eau étant extérieurs et non isolés, l’eau est à température ambiante) et avant même que l’heure de vous laver les dents ne sonne, la fée électricité se carapate une fois de plus (la pétasse oserai-je dire !!!). Difficile de s’essuyer le corps dans une salle de bain éclairée à la bougie lorsque la sueur succède à l’eau! Vous vous résignez, regagnez votre chambre que la fraîcheur a déjà abandonnée et là, vous dormez ou plutôt, vous tentez de dormir car la chaleur étouffante fait naître de votre corps entier une myriade de gouttelettes. Le lit est trempé, il n’y a pas d’air et vous somnolez de temps à autre dans cette moiteur qui, depuis le réveil, ne vous a jamais quitté. L’électricité par alternance réapparaît mais la clim n’a pas le temps de faire chuter la température durablement qu’elle disparaît de nouveau. Enfin, il est 5h45 et le réveil sonne pour annoncer une nouvelle journée qui s’annonce aussi chaude que la précédente. La fée électricité se montera-t-elle aussi espiègle que la veille ? Ce matin là, au petit déjeuner, je ne sais plus qui de Victor ou de Luc nous raconta son rêve. « C’est étrange, j’étais à la mer et je recevais une grosse vague en pleine figure et quand je me suis réveillé, j’étais trempé ! »

Thierry

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Jeudi 21 avril 2011 4 21 /04 /Avr /2011 22:35

Vacances de Pâques...et deux moments marquants:

 

tout d'abord, cela faisait longtemps que je souhaitais accompagner les soeurs de Mère Teresa sur leur lieu de travail: elles se rendent tous les jours dans deux hôpitaux de Djibouti où elles procurent des soins aux malades: alimentation, lavage des vêtements, et surtout présence attentive auprès de ceux qui sont essseulés, sans famille ni amis.

Je les ai donc accompagnées mardi dernier à l'hôpital Paul Faure. C'est le jour où elles apportent à manger; le plat traditionnel éthiopien, l'injera, galette à laquelle on ajoute une sauce.

 

L'hôpital possède des batiments relativement propres, mais ce qui surprend de prime abord, c'est la quantité de chats, gros et gras, qui se promènent en toute liberté dans les différents espaces.

 

Les malades que nous sommes allés voir souffrent pour la plupart de la tuberculose ou du Sida. Je savais évidemment que je n'allais pas trouver des personnes en bonne santé, mais leur maigreur extrême est terrible. Et pourtant, presque toutes souriaient de voir les soeurs, malgré leur faiblesse et leurs souffrances.

Il ne me fut pas toujours facile d'entrer en contact avec les malades: certains ne parlent pas du tout français ou anglais, et les hommes en général se montraient réservés. Cependant, avec quelques jeunes femmes, j'ai réussi à échanger, échanges émouvants de par la tendresse qui a pu naitre je crois de part et d'autre.

 

Cependant, une des vieilles dames malades m'a montré du doigt en disant "Qu'est-ce qu'elle veut la dame blanche?". Et il est vrai que je me suis posé la question moi-même: que viens-je chercher en ce lieu? Les soeurs de Mère Teresa n'ont évidemment pas besoin de moi.

D'abord, connaître la mission des soeurs me permet de mieux les rencontrer elles-mêmes: partager ce moment avec elles a été fort. Ensuite, il y a eu de vraies rencontres, même brèves avec les jeunes femmes dont je parlais plus haut. On nous disait en formation DCC, la coopération, c'est donner mais aussi recevoir. J'ai beaucoup reçu.

 

Le deuxième moment fort de ces vacances fut une matinée passée à la Caritas. Bruno, l'animateur, avait prévu de mettre de la musique. Nous sommes donc arrivés à 9h30 au moment où les enfants des rues commençaient à danser. Nous avons été dignement accueillis par des acclamations et des cris de joie.Nous avons tous été immédiatement entrainés dans la danse. Les petits garçons en particulier se précipitaient sur Jeanne pour la faire danser, ce qu'elle a plutôt bien pris. La simplicité avec laquelle ils nous ont accueillis, la joie dont ils témoignaient de partager ce moment avec nous fut là encore un cadeau magnifique.

 

Il est assez incroyable de voir comment ces enfants dont la vie est terriblement dure peuvent rayonner.

 

Il est compliqué de trouver les mots pour décrire avec justesse des moments aussi intenses....

Voici quelques photos des enfants qui en parleront d'une autre manière.

Isabelle

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Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 18:00

Bonjour à toutes à et tous !

Quelques nouvelles après un laps de temps que nous aurions souhaité moins conséquent. Ici, tout va bien. Les températures commencent à grimper et, avec elles, la fatigue s’installe un peu plus.

Notre aventure se poursuit sur un rythme effréné mais les vacances d’avril pointent à l’horizon. Elles feront, à n’en pas douter, le plus grand bien. La coopération n’est pas toujours un long fleuve tranquille et nous avons traversé une période un peu délicate.

Heureusement, Hélène, la sœur d’Isabelle est venue nous visiter du 20 au 25 février et cela nous a fait le plus grand bien. Puis ce fut la visite de notre chargé de mission (Nicolas de Miniac) la première semaine de mars.

Ce fût un grand bonheur de voir des visages familiers de notre vie « d’avant » si l’on peut dire.

Le mois de mars est un mois délicat en général pour les coopérants car il est synonyme de premier bilan et surtout de réflexion pour arrêter le choix de poursuivre ou non l’aventure…

Il n’est pas toujours aisé d’arrêter un choix surtout, paradoxalement, lorsqu’il vous appartient totalement.

Pour partir, cela nous a demandé beaucoup d’abandon à Dieu ou à la providence (choisissez ce que vous préférez en fonction de vos convictions) mais le choix au bout du compte ne nous appartenait pas. Il appartenait à la DCC car elle seule était en mesure de nous trouver une destination. Prolonger son contrat, même si cela n’engage pas autant de démarches, est un choix que seuls nous pouvions prendre. Cela n’a pas été si évident car nous en avions l’entière responsabilité.

La séparation avec nos familles respectives, même si la perspective de se voir pendant les vacances d’été est attendue avec une grande impatience, les amis restés en France avec lesquels il n’est pas toujours aisé de conserver du lien malgré l’envie ont été largement évoquée. Cependant, à l’unanimité des 5 voix, la décision de rester à Djibouti un an de plus a été prise.

Voilà, avant de vous présenter une escapade dan le désert djiboutien dans le cadre du temps de carême, nous tenions à partager avec vous cette « petite traversée du désert » plus personnelle. On pense bien à vous tous et on vous embrasse très fort.

 

 

Et maintenant…

La traversée du désert djiboutien.

Dans le cadre du carême et en référence aux quarante jours de Jésus dans le désert, Monseigneur BERTIN avait organisé une messe dans le désert djiboutien le vendredi 25 mars.

Elle était précédée par un petit parcours de 3 kilomètres ponctué de lectures saintes et de chants. Le départ était prévu à 8h00. Le trajet devait durer une heure et demie, la marche une heure pour une messe prévue vers 11h00- 11h30. Cette matinée serait clôturée par un pique-nique

Trois cars étaient affrétés. A notre grand étonnement, nous partîmes à l’heure ce qui est assez rare à Djibouti. Cela aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Victor avait pris place dans un premier bus avec ses copains, Luc dans un second avec les siens et le reste de la famille dans le troisième, « le bus maudit » comme finira par l’appeler Jeanne.

A peine parti, le troisième bus s’arrêta dans un garage de Djibouti pour changer le pneu avant gauche qui était défectueux. Cela nous fit perdre une bonne demi-heure mais il valait mieux effectuer la réparation avant d’être sorti de Djibouti ville. Nous reprîmes donc la route avec un léger retard ce qui nous rétablissait dans la norme djiboutienne.

Cependant, assez rapidement, une sœur assise à côté de la fenêtre nous fit remarquer que le pneu arrière droit se dégonflait. Après en avoir informé l’accompagnateur du bus qui passa une tête par la fenêtre pour vérifier nos dires, le trajet se poursuivit sans même que nous arrêtions.

Rapidement, nous crevâmes une seconde fois. Même Sœur Anice, infirmière de son état à Caritas et experte en « broderie » (c’est une activité très importante à la Caritas : elle passe beaucoup de temps à recoudre différents types de plaie) se trouva fort décontenancée. Elle restait impuissante : impossible de recoudre le pneu. Le bus n’ayant pas de roue de secours (qui était dans le bus 2), il nous fallait attendre. Les journées étant souvent mornes à Djibouti, même pour les singes, un groupe de babouins tenta une lointaine approche histoire d’égayer un peu son quotidien.

Enfin, après quelques échanges téléphoniques rendus difficiles par un réseau quasi absent (il fallut arpenter la route pour trouver « le point d’accroche »), le bus 2 venait à notre rescousse. Il amenait une roue de secours. Nous embarquâmes dans ce second bus le temps de réparer la crevaison de l’autre. Nous étions soulagés même si le bus 2 était nettement plus petit que le 3 (25 places contre 30).

C’était sans compter sur la qualité de service du transporteur. La réparation effectuée en un temps record, le bus 3 nous rattrapait au bout d’un kilomètre. Nous effectuâmes un bref transfert de passagers (une dizaine). Ces personnes montèrent dans le bus pour en redescendre immédiatement. Et oui, un kilomètre avait suffi pour que le bus crevât une troisième fois.

Néanmoins, nous arrivâmes à 11h30 au point de ralliement et nous pûmes faire notre parcours. A 13 heures, la messe fut célébrée puis nous pique-niquâmes.

Nous étions de retour à 16h30 à l’Evêché au lieu de 15h00. Francis, coopérant pour la deuxième année à Djibouti, nous confirma que c’était un bon horaire. L’année précédente, ils étaient revenus à 18h00…

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Samedi 29 janvier 2011 6 29 /01 /Jan /2011 18:32

Quelques nouvelles depuis le conte de Noël

 

Nos excuses pour notre petit silence mais l’année 2011 démarre sur les chapeaux de roue. Entre le compte financier de la Caritas et l’annonce d’une inspection pour Zazou, le travail nous a quelque peu submergés...

Voici donc, avec du retard, le récit de notre fin d’année 2010.

Profitant de la voiture d’un prêtre (Père Francesco) qui allait célébrer les messes en dehors de Djibouti ville, nous avons visité le nord du pays pendant 4 jours. Nous étions accompagnés par Alessandra, une amie italienne du père présente quelques jours à Djibouti. Vous aurez donc tous compté que nous étions 7 dans la voiture (pick-up prévu pour rouler en brousse et traverser les oueds). En fait, avec Jeanne sur les genoux de son papa à l’avant, on peut dire que les conditions étaient très confortables en comparaison des bus djiboutiens.

Le premier jour, nous sommes partis pour Obock avec une escale au lac Assal. Placé sous le niveau de la mer et lac d’eau douce à l’origine, il s’est rempli par infiltration souterraine d’eau de mer et par un phénomène d’évaporation, il atteint aujourd’hui une concentration de sel très importante. Si vous souhaitez vous y baigner, il est impératif de prévoir des jerricans d’eau douce pour vous rincer rapidement après l’immersion. Le spectacle fut magnifique. (album lac assal)

Le midi, nous avons pique-niqué dans un petit village, le chef du village nous prêtant des tables. Cela fut un moment très fort de rencontre avec les habitants et notamment les enfants peu habitués à rencontrer des « blancs » avec une progéniture. Pour les amadouer, rien de tel qu’une tablette de chocolat !!! Ce fut un régal au sens propre comme au figuré. (album lac assal).

 Après une dernière halte pour se dégourdir les jambes, nous arrivâmes à destination (album 2).

Le soir, nous étions accueillis pour le repas par les sœurs d’Obock, trois sœurs d’origine indienne. Deux s’occupent d’un centre d’alphabétisation comptant une soixantaine d’enfants et la troisième est infirmière dans un dispensaire. Ce fut un moment très chaleureux. Nous en avons même oublié que nous étions le 31 décembre 2010. Chaque groupe accepta de chanter une chanson en langue maternelle et indi, italien et français se succédèrent jusque pas tard dans la nuit parce que la journée avait été dense et qu’il ne faut pas abuser des bonnes choses ! (album obock)

Avant le repas, nous avions pris nos quartiers dans la maison que Monseigneur Bertin, Evêque de Djibouti possède à Obock et qu’il nous prêtait gracieusement. Elle est très proche de la mission des sœurs et lui sert ponctuellement, comme aux autres prêtres, pour la nuit. T2 de 20 m2 luxueux pour l’endroit, l’habitation compte deux pièces, trois lits, un petit coin cuisine. Pour entrer, vous devez d’abord traverser une cour privée close de murs. (album obock)

On dénonce souvent le luxe indécent dans lequel vivent certaines institutions. A Djibouti, pas de problème concernant le train de vie de Monseigneur BERTIN. Nous vous le confirmons.

 Jeanne dormit avec sa maman et elles eurent droit à la seule moustiquaire de la maison, les garçons dormirent ensemble (tête bêche) et sans moustiquaires comme son papa qui eut lui, luxe suprême, droit de dormir seul dans son lit. Avec 5 personnes pour trois lits de 120cm, il n’y avait pas pléthore de possibilités.

Ce soir là, la gestion des entrées et sorties de la maison a été draconienne. En effet, pour tenter de pouvoir dormir en paix, un premier insecticide avait été vaporisé avant repas mais de retour, il nous fallait récupérer, le lavabo et les WC étant dans la cour intérieure, les affaires de toilettes pour se laver sommairement… Nous ne vîmes pas de rats même si une boite de poison rangée dans une étagère nous laissa à penser que ces lieux représentaient une vraie opportunité pour ces petits (parfois pas si petits que cela d’ailleurs) rongeurs.

Le papa et les enfants dormirent correctement, la maman pas sûr… et tous prirent le petit déjeuner dans la cour privée de ciment. Le coin cuisine ne servant jamais, le mettre en service constituait un risque potentiel. Le papa alla donc chercher un thermos d’eau chaude chez les sœurs. Fin de la première nuit . (album obock).

Après une messe dite à 8h30, nous repartions pour une matinée de balade : visite du phare de Ras Bir, traversée de la brousse désertique jusqu’à la mer et le 1er bain de l’année 2011 (album 6obock)

Après un second repas chez les sœurs, nous avons repris la route pour Tadjourah et le CAC (Centre d’Apprentissage Cardin) appartenant à l’Evêché et où nous retrouvâmes Vincent (volontaire DCC, Frère Bruno, Pierre , volontaire SCD et Père Marc, américain et séminariste en Espagne. Il était de retour à Djibouti pour les vacances et ce fut un vrai bonheur de le retrouver car il avait été très présent lors de notre arrivée à Djibouti)

Après un match de foot avec les enfants locaux, nous partageâmes un repas des plus sympathiques avant de rejoindre nos chambres grand luxe (quatre matelas pour 5). Le lendemain, nous passions une journée pique-nique à la plage des sables blancs (15 minutes environ de bateau pour y accéder). Cette plage est connue pour ses fonds marins et son tombant. Sa réputation n’est pas galvaudée. C’était vraiment magnifique. Ce fût aussi l’occasion pour les enfants de faire leur baptême de dromadaire !!! (album plage des sables blancs)

Après une seconde nuit, nous mangions chez Philomène … (dit Philo) et Odile. Philo s’occupe du LEC (centre d’alphabétisation) de Tadjourah et Odile est à la retraite (après plus de 50 ans d’Afrique). Notre séjour se termina par une promenade « by night » de Tajourah. Les vacances étaient déjà finies. Pour Thierry, il partait le lendemain à 5h30 par la navette du Khat pour reprendre le travail à 9h00. Cette navette sert à approvisionner Tadjourah en Khat (drogue locale et légale) et part donc le matin à vide vers Djibouti. Il s’agit d’une embarcation pouvant emmener un dizaine de personnes. Pour le reste de la famille, il rentra par le bac « traditionnel », traversée beaucoup plus longue mais plus sécurisante. De plus, ils furent accompagnés par Odile et Père Marc ce qui agrémenta le trajet.

Un grand merci à ceux qui nous permirent de réaliser cette petite échappée belle et nous espérons, beaucoup de plaisir à ceux qui découvriront ce récit et aussi les photos (nous n’avons pas lésiné sur le nombre)

 

Dernière information, le bonus « requins baleines », photos transmises par Frédérique, une autre volontaire DCC et amie suite à notre expédition.

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Dimanche 26 décembre 2010 7 26 /12 /Déc /2010 09:43

Il était une fois une famille qui décida de partir vivre à l’étranger dans un projet de volontariat international par le biais de la Délégation Catholique pour la Coopération.

Ils arrivèrent à Djibouti le 23 août 2010 à 13h15 et sous 40°.

Ce pays comptait 2 saisons et, même si le climat fraichissait de façon conséquente fin octobre, cela leur parut étrange. La notion de temps leur échappait un peu. Les températures ne descendant guère en journée en dessous de 25°, c’était plus que ce qu’ils connaissaient généralement en été en Bretagne.

Les rencontres, les aventures se succédèrent dans cet espace temps sans nom. Chacun prenait ses marques dans cette nouvelle vie.

Tout débuta le 24 décembre. Cela faisait pile 4 mois qu’ils avaient foulé pour la première fois le sol djiboutien. Pour maman Isabelle, comme pour les enfants, Luc, Victor et Jeanne, les vacances débutaient. Une évidence s’imposa pourtant à toute la famille.

Malgré une motivation à toute épreuve et une alimentation saine à base de lait en poudre, la fatigue s’était insidieusement mais cruellement installée. Les enfants étaient au bout du rouleau.

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Que dire des parents ? Deux pauvres hères, débordés par les tâches domestiques !

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Soudain… mais que se passa-t-il ? Ils virent un bref éclair de lumière dans leur salle et tous se dirent au même instant : « Demain, c’est Noël !!! »

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Il fallait agir et rapidement. Isabelle et Thierry se décidèrent, tant qu’à faire du ménage, à réaménager leur salle pour la rendre plus accueillante. C’était aussi pour eux une façon d’investir les lieux, de mieux se les approprier. Quant aux enfants, ils souhaitaient depuis leur arrivée adopter un animal, un chat de préférence. Certes, ils avaient réussi à amadouer une chatte qui vivait à l’évêché mais elle avait déjà un autre maître, le frère Paolo alors…

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Alors il se trouva que Maria-Grazia, coopérante de Caritas Italia, regagnait son pays, son contrat étant achevé. Elle avait avec elle un animal qu’elle ne pouvait ramener en Italie dans ses bagages. Elle cherchait une famille qui puisse l’adopter. Il allait falloir être patient, la pauvre bête étant d’un naturel craintif.

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Les enfants décidèrent donc d’apprivoiser l’animal pendant que leurs parents réaménageaient leur logis. Il ne leur fallut qu’une matinée pour atteindre leurs objectifs respectifs. « Hécate », c’est ainsi qu’avait été baptisé ce nouveau chat (en référence à leur premier chat resté en France), s’était rapidement habituée aux enfants, étant particulièrement joueuse avec Luc et Victor et câline avec Jeanne.

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Il ne fallut qu’une matinée pour se préparer à Noël et retrouver calme et sérénité.

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La maison était accueillante, les enfants heureux de leur nouveau compagnon.

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Ils prirent un apéritif : Orangina pour les enfants et bière pour les parents (une fois n’est pas coutume !). Ils mangèrent des frites au four avec des saucisses. Après, ils allèrent à la messe qui fut dite en français, en anglais, parfois en italien et en malgache. Ils pensèrent très fort à toute leur famille restée en France, à tous leurs amis et les portèrent dans leur cœur. Bonnes fêtes de fin d’année et meilleurs vœux pour l’année 2011 !!!!!

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Lundi 29 novembre 2010 1 29 /11 /Nov /2010 15:43

Quelques nouvelles de la famille. Nos excuses pour ce « petit » silence mais les semaines  sont denses et les deux derniers week-ends riches en évènement et en rencontres…

Tout d’abord, pour la fête de l’Aïd, nous avons bénéficié d’un week-end prolongé. Nous en avons profité les 15, 16 et 17 novembre pour partir à Arta, petit village de 6500 âmes en montagne à 1 heure environ de Djibouti. Nous y avons été accueillis par Béatrice qui dirige le « LEC » (lire, écrire, compter). Ces centres d’alphabétisation existent dans chaque mission catholique de Djibouti. Ils accueillent des élèves  âgés de 7 à 20 ans.

Isabelle et Luc sont partis en bus « surchargé » en raison de la fête et Béatrice nous a conduit dans son véhicule, petite « guimbarde » au pot percé et habité d’un moteur de 800 cm3 (les connaisseurs apprécieront !!!).

Notre trajet  ne fut en rien épique à la différence de Zazou et de Luc (6 personnes sur une banquette prévue pour 3 sans compter les sacs de vêtement et de nourriture…). Pour autant, il ménagea quelques moments savoureux : dromadaires le long de la route, moteur ronflant en seconde pour monter la côte, bloqué derrière une kyrielle de vieux camons s’époumonant pour  atteindre péniblement les 30 Kms/heure.

Béatrice vit seule à la mission, compte 42 ans d’Afrique dont 22 à Djibouti comme infirmière avant de diriger le « LEC ». Le lendemain de notre arrivée, jour de l’Aïd, nous avons avec elle visité le village. Ce fut un vrai moment de bonheur. Les gens étaient chaleureux et la présence de Béatrice à nos côtés facilitait encore les rencontres. Il est toujours étonnant de voir  oh combien les enfants (et les filles notamment) sont sur leur « 31 » malgré la pauvreté qui est  criante.

Vous pouvez voir quelques photos du village et des enfants dans l’album joint.

Les conditions de vie à la mission d’Arta sont rudes. L’eau y est très froide quand elle coule (une fois tous les 2/3 jours !). Il n’y a pas de commerce sinon une boulangerie et un tout petit magasin pour le strict minimum.

C’est un visage radicalement différent de Djibouti (le pays et non la ville) que nous avons découvert pendant ces trois jours : paysage montagneux, température fraîche, peu de voitures,  de pollution apparente, profusion de moustiques…  Nous avons beaucoup aimé et eux aussi !!!

 

Pour le second week-end, changement radical de cadre. Nous avions rendez-vous avec les requins baleines. Départ vendredi matin à 8h15 pour une heure de bateau (petite vedette pouvant emporter 6 à 8 personnes). Nous étions accompagnés par Caroline (enseignante à la Nativité), David (son mari) et Basile (leur fils). Très vite, notre pilote (super sympa !) a  repéré les ailerons des requins. Nous nous sommes tous jetés à l’eau (même Jeanne avec son masque et son gilet de sauvetage). Le spectacle a été magnifique, presque surréaliste… Lorsque le requin baleine nous distançait, nous remontions dans le bateau pour le rejoindre et replonger. Il parait que nager avec ce gigantesque poisson est le rêve de tout plongeur et nous avons pu le vivre pendant quelques minutes…Et  voilà à quoi peut  mener la coopération !!!

Et nous avons la confirmation que Victor préfère le monde marin à celui des hommes. Ses yeux pétillaient de bonheur. Luc a beaucoup apprécié également mais avec plus de retenue.

Autre  joli moment de la matinée : nous avons eu la chance de voir tout un banc de dauphins qui surfaient sur les vagues. La journée a été pimentée par une mer très agitée et nous avons même connu un mini naufrage !!! Le moteur de notre bateau est tombé en panne et nous nous sommes retrouvés très vite emportés en direction de la côte. Un peu plus et le bateau chavirait. Heureusement il n’en a rien été mais nous nous sommes retrouvés sur une côte très caillouteuse et nous avons dû marcher – pieds nus pour Caroline et Isabelle!- pendant une centaine de mètres….très douloureux pour leurs petits petons.

 Le moteur réparé, nous avons regagné Djibouti après une bonne heure de navigation « tape-cul ». Nos fessiers et nos dos s’en souviennent encore mais la rencontre avec le monde sous-marin en valait vraiment la peine !

 

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Vendredi 12 novembre 2010 5 12 /11 /Nov /2010 15:50

Le 8 novembre, Victor a eu 9 ans et nous avons fêté son anniversaire à la maison. Le 8 se trouvant être un lundi, nous n'avions pas école ce jour-là.

Comme nous avons la chance d'avoir une jeune femme pour nous aider à la maison 3 matinées par semaine, elle nous a préparé un repas djiboutien délicieux: pastèque, riz aux trois couleurs avec boulettes de viande, gâteau à l'ananas et bania (sorte de crème patissière)

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Victor a eu comme il le désirait un ballon de basket...

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L'après-midi, il avait invité Dan et Joseph qui sont ses deux meilleurs copains de classe.IMGP1718.JPG

Pour l'occasion, Zeinaba avait tressé les cheveux de Jeanne, ce qui est un exploit vu la chevelure de notre minette!

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Vendredi 5 novembre 2010 5 05 /11 /Nov /2010 14:21

Oubliez ce que vous savez ou croyez savoir de la conduite automobile. L’échange interculturel a cela de bon qu’il vous fait comprendre que les frontières entre des règles identiques (d’un pays à l’autre) et leur application sont mouvantes.

Ainsi donc, la conduite djiboutienne n’est en rien comparable à notre conduite à la « française ».

Tout d’abord, plus utile que les clignotants, que les rétroviseurs,  ou les différents feux (de position, de croisement,…), ou les pare-brises, vous ne pouvez rouler sans un klaxon en bon état de marche ! Il vous servira à prévenir lorsque vous doublez,  à avertir le piéton nonchalant (ou non) que vous allez lui rouler dessus, qu’il est temps pour le conducteur qui roule sur la mauvaise file de se rabattre même si cela doit écourter sa communication téléphonique ! Bref, le klaxon est votre sauveur !!!

Car la bonne conduite djiboutienne est tout d’abord intuitive, instinctive, sensorielle… La force doit être avec vous lors de chaque trajet, le mieux étant encore de s’abstenir de rouler aux heures de pointes.

« 1 plus 1 égale 1 » nous dit Jean-Claude Van Damme pour qui la sagesse n’a plus de secret. J’oserai aller plus loin encore concernant les voies de circulations à Djibouti. En fonction des commerces qui bordent la rue, 2 plus 2 (je parle des voies de circulation) est égale à 1+1 ou 2+1 ou 3+1 ou encore 3+0. Je sais, la sagesse n’est pas à la portée des néophytes que nous sommes et il m’a fallu beaucoup de temps pour résoudre l’équation.

Tout cela pour vous indiquer que les deux voies du milieu ne sont, dans les faits, pas très déterminées dans leur sens de circulation et que les deux voies extérieures servent souvent au stationnement. Les spécialistes de cette lecture intuitive des voies sont les Taximen qui vont jusqu’à réaliser l’équation 2+2 égale 5 !!!

Isabelle, pour son premier trajet en taxi (pour amener Victor au basket), a ainsi fait la quasi-totalité du trajet sur la troisième voie virtuelle. Elle en garde un grand souvenir, mieux que les grands manèges des fêtes foraines pour une somme équivalente de 4 euros !

Pour ma part, hormis un scooter qui a tenté (sans grand succès) de me doubler alors que je tournais, rien à signaler…

Ah si… Le samedi (premier jour de la semaine), toujours vérifier qu’il ne manque pas de bouches d’égout sur les trajets que vous connaissez (la vigilance étant toujours de rigueur sur les trajets inconnus). Vous risquez de tomber dans un trou. Cela m’est arrivé à petite vitesse heureusement, étrange sensation que de sentir la route disparaître sous vos roues.

Après avoir sorti le véhicule, il fallut réparer la roue crevée, manœuvre difficile car toujours interrompue par les véhicules (5 au total) qui me succédèrent dans le fameux trou. Cela se passait devant une école à une heure de pointe. Les enfants, se lassant du spectacle, se décidèrent à prévenir les voitures suivantes.

Conclusion : on a toujours besoin qu’un plus petit que soi !

Bonne route et bon vent.  

Thierry

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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 16:46

 

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Victor et son copain Joseph
DSCN4599.JPG Ma classe et quelques-uns de mes élèves

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Pour se dire pardon, mes petits élèves de 5 ans se prennent par le petit doigt.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Des femmes éthiopiennes qui viennent prier la Vierge dans la cour de l'évêché.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Luc aime les petits et ils le lui rendent bien!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ils sont sages mes élèves!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jeanne et quelques copines

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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 16:17

Bonjour à tous,

quelques infos sur la Caritas où bosse Thierry:

C'est une association qui accueille les enfants des rues (sans parents, non reconnus et abandonnés). La Caritas les accueille et ils viennent volontiers car il y a un repas à la clef. Ils vivent de mendicité ou de petits travaux (cirer les chaussures, surveiller les voitures...). Au delà du repas, ils peuvent aussi se faire soigner, se laver, laver leurs vêtements, avoir accès à de l'eau propre. Pendants l'année, on leur propose des cours d'alphabétisation, des cours de couture, des choses simples qui peuvent leur permettre de trouver un travail ensuite. Pour eux, c'est parfois difficile de venir à la Caritas car il faut se plier aux règles collectives et le monde de la rue est caractérisé par l'absence de règles.

Thierry, qui bosse surtout dans l'administratif, a tout de même des occasions d'échanger avec eux. Ainsi lors de la fête de l'Aïd, alors qu'il allait vérifier que tout se passait bien, les a trouvés en train de danser et n'a pu s'empêcher d'esquisser quelques mouvements de danse avec eux. Il les a scotchés! Depuis , lorsqu'il se rend en ville, et qu'il croise des gamins, ces derniers esquissent un pas de danse en le voyant, lui sourient, voire lui frappent dans la main!

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Les enfants sont très souriants malgré la misère et une réalité quotidienne très dure. Lorsque la Caritas a oragnisé la fête de l'Aïd, l'animateur des gars, Bruno, a remis un sandwich et un cadeau aux enfants, par groupe d'âge, en commençant par les petits, et en leur disant de ne pas ouvirir leurs cadeaux avant de s'être réfugiés dans leurs quartiers. Une fois les portes de la Caritas franchies, c'est  de nouveau la loi de la rue, et les grands auraient rattrappé les petits pour leur voler leur sandwich et leur vêtement. Voilà l'explication.

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Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 20:36

Bonjour à tous!

quelques nouvelles de notre rentrée à Djibouti.

L'école de la Nativité est une très gande école qui réunit à la fois le primaire et le collège. Elle est  cosmopolite puisqu'environ 30 nationalités s'y côtoient. Elle est dirigée par des soeurs franciscaines dont l'ordre est présent à Djibouti depuis très longtemps.

J'ai rencontré mes élèves il y a maintenant 10 jours. 35 bambins plutôt dynamiques et remuants mais très chaleureux: la plupart sont djiboutiens, mais il y a également des malgaches.

La plupart des enfants parlent le somali ou l'arabe à la maison mais ils se débrouillent bien dans l'ensemble en français. C'est d'ailleurs un peu traitre car le français étant couramment parlé dans les rues à Djibouti, j'ai tendance à oublier que pour certains enfants, cela ne fait qu'un an ou deux qu'ils le parlent. Du coup, le matin , lorsque nous faisons le mot du jour, je demande aux enfants de m'apprendre en parallèle ce mot en arabe et en somali, mais c'est très laborieux!!! je suis loin de leurs capacités d'apprentissage. En tout cas, cela les fait beaucoup rire!

Pour nos enfants, cela se passe bien aussi. Ils ont rapidement trouvé des copains, ce qui est l'essentiel. Luc a 3 copains malgaches et Victor deux copains congolais. Quant à Jeanne, elle s'est attachée à une petite fille djiboutienne et me réclame de lui acheter un voile!

Les horaires de travail sont assez lourds: 7h30/11h30 six matins par semaine, avec une seule coupure de 20 minutes. Du coup, les enfants sont assez fatigués. Luc a de plus cours 4 après-midis par semaine de 15h30 à 17h30.

Pour le reste le centre culturel a ouvert ses portes et nous pouvons emprunter quelques livres.

Nous avons à peu près trouvé notre rythme de croisière pour le reste...

Le cyber café ferme donc je m'arrête ici. Les prochaines fois, vous aurez des nouvelles de Thierry qui est devenu une star avec les enfants des rues en dansant avec eux lors de la fête de l'Aïd!!!!

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Mardi 14 septembre 2010 2 14 /09 /Sep /2010 17:46

Victor s'est cassé deux dents à la plage...deux dents définitives bien sûr! On a donc eu la joie de connaître les urgences de l'hôpital militaire.. Il a ensuite été pris en charge par un dentiste du centre ville qui a fait un super travail et il a retrouvé son beau sourire.

Luc a fait sa rentrée ce matin. Il est plutôt content. Ils ne sont que 30 et sa prof principale est sympa selon lui. Il a hâte de se faire de nouveaux amis.

Quant à moi, je bosse pas mal pour préparer ma classe. J'aurai 35 grande section à partir de jeudi.

Je donnerai plus de nouvelles quand je serai moins prise.

En tout cas, il continue à faire chaud, mais surtout la chaleur devient humide! C'est plutôt fatigant!

A bientôt

Isabelle

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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /Sep /2010 17:02

Cette semaine a vite passé et pourtant nous n’avons pas fait grand-chose.  Le matin, nous nous levons relativement tard (8h00). Ici, les gens profitent du matin pour faire toutes les formalités administratives, car, du fait du Ramadan, beaucoup d’endroits sont fermés l’après-midi. Mais comme les enfants et moi sommes encore en vacances, nous en profitons un peu ! A partir du 14 septembre, il faudra se lever dès 6h00 !

L’après-midi, après la sieste que les enfants ont beaucoup de mal à faire, nous essayons de sortir en ville mais il y a peu de choses à faire. De plus, ce n’est pas toujours simple car nous sommes très sollicités et les enfants ont du mal à comprendre pourquoi nous ne pouvons pas donner à tous…. Heureusement, les gens n’insistent pas et ne nous reprochent rien, mais parfois  nous nous sentons malheureux de ne pouvoir donner.

Il y a eu plusieurs bons moments dans la semaine : prendre le mini-bus en fait partie ! Les Djiboutiens apprécient énormément que nous prenions le même moyen de transport qu’eux. Ils semblent contents de discuter avec nous et s’amusent  surtout à parler aux enfants.  Ce sont de vrais moments d’échange et de convivialité.

Nous circulons pas mal à pied également, ce qui est assez inhabituel pour des français, et, alors que je rentrais avec Jeanne sur les épaules, une jeune femme m’apostropha : « Qu’est-ce qu’elle fait là-haut ? ». Je lui répondis que Jeanne était fatiguée et ne voulait plus marcher. Elle me demanda alors pourquoi je ne prenais pas la voiture et quand je lui répondis que je n’en avais pas, elle sembla toute  surprise et me demanda mon nom et celui de Jeanne. Je l’ai recroisée le lendemain à Djibouti Telecom où je venais, comme elle, acheter une carte sim, et elle m’aida à faire les formalités. Il faut dire que ce n’est pas simple !!! La notion de « file d’attente» ne semble pas exister dans ce lieu ! Il s’agit d’arriver comme on peut au comptoir et  de demander plus fort que les autres … et ce trois fois : une première fois pour donner ses papiers et commander, puis la caisse pour payer, et pour finir, revenir au premier comptoir récupérer la carte. Mais là encore, l’ambiance est détendue et si les gens se pressent les uns sur les autres, il n’y a pas pour autant de tensions.

Thierry, quant à lui, a commencé à travailler à la Caritas en tant que secrétaire comptable. La Caritas s’occupe d’œuvres sociales telles que l’aide alimentaire et sanitaire, l’aide aux enfants des rues, l’alphabétisation des enfants qui ne sont pas scolarisés.

Dans ses fonctions, Thierry est amené à conduire la voiture de la Caritas et ce n’est pas évident, car, même si les gens roulent plutôt lentement, les règles de conduite semblent très aléatoires. D’ailleurs le klaxon est très fréquemment utilisé ! Il est surtout utilisé en prévention, pour doubler, rappeler sa présence,…. En tant que piétons, nous devons nous méfier, c’est la voiture qui est reine et prioritaire, dans toutes les circonstances !!!!

Demain, vendredi, nous devons aller pour la première fois à la plage. C’est une des plus grosses frustrations ici : nous avons une plage toute proche de notre maison, mais nous ne pouvons nous y baigner. L’eau n’est pas assez propre et aucun étranger ne s’y baigne. Pour  pouvoir se baigner, il faut soit sortir de Djibouti ville (et sans voiture, ce n’est pas si simple) soit connaître des militaires qui ont accès à une plage privée. Comme Thierry a retrouvé une amie d’enfance à Djibouti, et que son époux est militaire, ils ont eu la gentillesse de nous y inviter. Les enfants sont aux anges !

Pour résumer :

La plus grande frustration : la mer toute proche, mais peu accessible !

Les plus grandes difficultés : ne pas pouvoir répondre à la mendicité et toujours refuser ; les coupures d’électricité au moment les plus chauds de la journée.

Les plus grandes joies : rencontrer les Djiboutiens dans les bus et rire ensemble. Les échanges avec les personnes qui vivent à l’évêché et retrouver Frédérique, une volontaire DCC que nous avons connue au stage de Carquefou.

 

 

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Vendredi 27 août 2010 5 27 /08 /Août /2010 16:46

Bon pas de chance, nous avions préparé un beau papier d'une page avec toutes nos impressions, des nouvelles etc et le cybercafé où je suis ne lit pas mon document.

Donc je vais résumer!!!

Tout va bien, nous sommes arrivés à Djibouti lundi midi, sous une grosse chaleur, un peu fatigués car nous avions très peu dormi!

Nous avons été accueillis par Dominique, la personne que Thierry va remplacer.

A l'évêché, nous sommes très bien logés: nous avons une maison indépendante avec 3 chambres, une grande salle de vie, une toute petite cuisine et deux salles de bain (mieux qu'à Plaintel!!!)

Nous avons même une terrasse donnant sur la mer attenante à notre chambre, mais nous n'osons pas trop nous y rendre car un voisin quelque peu excentrique nous jette des petits cailloux dès que nous y posons le pied!!! Visiblement, il n'aime pas notre présence...

Heureusement, les djiboutiens sont par ailleurs très sympathiques et nous apprécions beaucoup la communauté (très cosmopolite)  de l'évêché: Italiens, Indiens, Belges, Américains se cotoient dans une très bonne ambiance.

Nous prenons doucement nos marques: il fait vraiment très chaud et la sieste est vraiment obligatoire!

Il y a eu deux jours de pluie (très inhabituel en cette saison, l'arrivée de bretons peut-être???) mais très différents du crachin breton: pluies torrentielles orageuses qui inondent tout en quelques secondes!

A part la bourbouille (boutons de chaleur) et un petit accès de turista pour Isabelle, l'adaptyation des corps se fait correctement et les esprits sont au beau fixe!

Pour le moment peu de photos des personnes car les djiboutiens n'aiment pas être photographiés. Nous essaierons cependant de vous en envoyer. On vous envoie plutôt des photos de notre environnement.

Rendez-vous le vendredi:  c'est le jour le plus simple pour nous pour alimenter le blog.

Amicalement,

la famille Haguet

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